Le Signal, Maxime Chattam

Ce livre m’a été offert par une amie avec qui je partage une fascination pour l’univers de cet écrivain si singulier qu’est Maxime Chattam. Les lecteurs assoiffés se sont plongés corps et âme dans cette lecture dès sa sortie. Pour ma part, cette lecture s’est faite un peu plus tard. 

La chose la plus miséricordieuse en ce bas monde est bien, je crois, l’incapacité de l’esprit humain à mettre en relation tout ce qu’il contient.
[H.P. Lovecraft, L’Appel de Cthulhu.]

MON AVIS : ★★★☆☆

Une famille emménage dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, Mahingan Falls, pour s’échapper de la vie new-yorkaise. Malgré la tragédie familiale que le cadet, Owen, a vécu l’an dernier, cette famille recomposée savoure son bonheur. Jusqu’à ce que des cauchemars, des morsures, des apparitions et même des meurtres viennent briser ce quotidien paisible.

Les doubles de la famille Chattam

Le Signal nous raconte l’histoire d’une famille qui a souhaité changer d’air et a jeté son dévolu sur la Ferme, une vieille bâtisse récemment rénovée par un avocat new-yorkais. Qui dit vieille bâtisse avec Chattam, dit forcément maison hantée. Mais, au fil de la lecture, cette maison deviendra le cadet de leur soucis.

D’ailleurs, cette famille n’est pas ordinaire, elle est la famille Chattam. À quelques détails près, on reconnaît les similitudes entre Tom et Maxime Chattam, entre Olivia et Faustine Bollaert, sa femme. Leur métier : auteur de pièces de théâtre et animatrice télévisée. Il est amusant de voir cette famille singulière dans un monde terrifiant et de voir comment ils se débrouilleraient pour survivre. Enfin, « amusant » n’est peut-être pas le bon mot.

Une ville de l’horreur

Outre les membres de la famille, nous faisons la connaissance de personnages qui vont être embarqués, malgré eux, dans ce qui aurait pu n’être qu’un drame familial au départ. L’auteur n’épargne personne et emmène tout ce petit monde vers un destin (plus ou moins) funeste. D’ailleurs, il joue avec les horreurs du quotidien pour mêler la cruauté du réel à l’effroi du monde invisible.

Ce roman est donc difficile à lire. L’épisode avec Emma m’a particulièrement révoltée mais c’est précisément le genre de thématiques que je souhaite lire et sur lesquelles je me précipite avec une urgence démesurée. Ainsi, les moeurs traditionnelles se confrontent aux mentalités modernes. Le sexisme est combattu par son propre instrument, la violence. Les injustices et l’hypocrisie sont contrecarrées par le mensonge et les secrets.

Chaque personnage est donc l’antagoniste ou le protecteur d’un autre. C’est d’ailleurs ce qui va influencer notre empathie à la fin du roman. Je ne peux vous mentir, ce roman est une hécatombe. Presque personne n’est épargné par l’horreur. Chattam ne se fait pas prier d’ailleurs : il prend un malin plaisir à inventer les pires horreurs et à nous les décrire avec une précision terrible, effroyable.

Deux influences littéraires

Malgré tout, au fil de ma lecture, je n’ai pas retrouvé ce qui m’avait fait aimer son style dans le premier livre que j’avais lu de lui. Certains passages étaient particulièrement haletants, Chattam maîtrise le rythme et la tension d’une narration, c’est certain. Je ne me souviens que trop bien de cet après-midi où je n’ai pas pu lâcher le livre avant de suffoquer par trop d’horreurs. Néanmoins, certaines formulations tombent dans le lieu commun alors qu’on sait de quoi maître Chattam est capable.

De même, certains personnages sont les archétypes des fictions d’horreur. Certains événements sont même fréquemment utilisés pour maintenir la tension d’un texte. Les deux citations en début de roman nous aident à comprendre de qui l’auteur s’est inspiré, trop  peut-être, au dépens de la singularité stylistique de l’écrivain.

CONCLUSION

Ce roman est un livre de l’horreur. On y trouve la bonne recette pour s’effrayer dans son lit, dès la nuit tombée : des marques étranges, des cauchemars, des murmures, des apparitions, des meurtres etc. Malgré ma déception, je peux vous affirmer que c’est un roman qu’on déguste comme on redoute.

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CHATTAM Maxime. Le Signal. Éditions Albin Michel, 2018.

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