Coquille.

Quel est ce monde si bruyant, si agité, qui m’empêche d’être ? Solitude niée, bafouée, piétinée, je marche au côté des autres et pourtant, ma présence n’existe pas. Ils ne me voient pas, je ne les veux pas. On m’oblige, que dis-je, on me tient le corps, fort, douloureusement, pour me noyer dans ce torrent infernal.

On m’oppresse, on me presse, on m’agresse, sans cesse et je n’ai pas le droit de lutter. On m’arrache à moi-même, on brise ma coquille. Cassée, je suis une proie facile. Si seulement ils voyaient ma douleur, si seulement ils comprenaient que leur voix me percent les tympans, que leur regard me transpercent, que leurs gestes crispent mes muscles tendus par un excès de pudeur.

Candide, j’ai cru alors qu’ils changeraient. Que le temps serait mon fidèle ami, lorsque l’enfance était un poison pour ma frêle assurance. Mais alors que le temps passe, tout reste cruellement immuable. Comme si, malgré l’espoir d’une douce éclaircie, l’homme restera toujours un loup pour l’homme.

2 réflexions au sujet de « Coquille. »

  1. Un texte véritablement splendide avec une belle douceur poétique malgré les émotions et la realité difficile que tu nous transmets ! Cela m’a fait réfléchir sur l’adaptabilité des gens à ce monde un peu trop rapide ou trop dur tout le temps ! Et surtout à ceux qui peuvent difficilement s’adapter…

    Une vraie réussite vraiment !

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