Débranchée

Qui suis‐je ? Où suis‐je ? Je vois trouble, les coups m’effleurent comme une brise légère, les odeurs et les goûts m’échappent dès que je crois les saisir. Plus de plaisir. En ai‐je déjà ressentis, un jour ?

Les autres m’effleurent comme des ombres ; ils n’existent que parce que leur présence est une tâche sombre dans mon champ de vision. Le temps passe et les jours se ressemblent. La monotonie m’a submergée et je ne la vois même plus. Je sens que quelque chose ne va pas mais j’avance. Je respire l’air extérieur pour survivre mais je n’y trouve aucun plaisir.

Je me plonge en moi‐même pour trouver cette chaleur que je ne saisis pas, que je ne saisis jamais au dehors. Mais une fois encore, mon intérieur est tout à la fois riche et vide de toute émotion.

Suis‐je née ainsi ? Je n’ai pas de souvenir d’un autre état que cette anesthésie quotidienne. La fiction m’enthousiasme mais revenue à la réalité, c’est comme si un siphon venait de se déboucher, évacuant toutes les émotions dont j’étais capable.

Est‐ce la réalité qui me débranche ? Est‐ce ces hommes et ces femmes, si malheureusement ennuyeux, qui sont la cause de ce silence qui m’habite ?
___
Il y a des années, mon cœur était débranché.

Aujourd’hui, je peux enfin entendre le son strident du cardiogramme qui renvoie l’écho des battements de mon cœur. Je ne survie plus. Je suis née et mes émotions sont enfin miennes.

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